Musée du quay Branly - Jacques Chirac

quai branly

Dès son élection à la présidence de la République, Jacques Chirac entreprend une réflexion sur la valorisation et la reconnaissance des arts non occidentaux, arts pour lesquels il nourrit, depuis de longues années déjà, un grand intérêt. Bien plus que la beauté des formes, ou a fortiori leur modernité, c’est une pensée différente, une autre perception du monde qui l’attire. Longtemps resté secret, son intérêt se concrétise dans une amitié avec le marchand et galeriste Jacques Kerchache qui, comme Félix Fénéon ou André Malraux avant lui, rêve de leur entrée au Louvre. Le 15 mars 1990, Jacques Kerchache fait publier dans le journal Libération un manifeste intitulé « Pour que les Libération un manifeste intitulé « Pour que les Libération chefs-d’œuvre naissent libres et égaux... », qui réunit un grand nombre de signatures, dont certaines prestigieuses. Paraphrasant la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, l’adage ici énoncé annonce le projet du Président de la République.

En 2000, plus de cent œuvres d’Afrique, d’Insulinde, d’Océanie, des Amériques et d’Arctique entrent au Louvre. Le Pavillon des Sessions est inauguré, annonçant le grand projet présidentiel : au cœur de Paris, l’ouverture prochaine d’une institution qui leur sera entièrement dédiée. Conçu tel un outil citoyen permettant de mieux comprendre le monde et sa diversité, le musée du quai Branly – Jacques Chirac manifeste un autre regard sur le génie des peuples et des civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. L’idée est de dépasser définitivement « l’absurde querelle entre l’approche esthétique et l’approche ethnographique », de donner à comprendre une profondeur historique « que l’esprit colonial ou la fascination pour l’état de nature » ont trop longtemps dérobé. L’institution témoigne de la vitalité des créations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques et d’un même geste manifeste la nécessité de préserver leur diversité, l’obligation de favoriser leur dialogue, leur connaissance et reconnaissance mutuelles.

L’institution se dresse à la confluence des beaux-arts, de l’ethnographie et de l’art moderne. Sa collection constituée du 16e siècle à nos jours, s’inscrit dans un temps long. Elle révèle les regards et sensibilités qui l’ont façonnée, complète et renouvelle les savoirs. Images de voyages et d’expéditions, objets des collections d’artistes et d’intellectuels qui ont contribué à la reconnaissance des arts extra-européens – Apollinaire, Matisse, Lévi-Strauss entre autres – documents d’archive, peintures et photographies contemporaines... les œuvres, uniques par leur style, leur esthétique, leur rareté ou leur ancienneté, concourent à l’enrichissement d’un patrimoine mondial et à sa diffusion. Entre ses murs, témoignages anciens et contemporains entrent en résonnance et les œuvres s’ouvrent à d’autres dimensions, d’autres temporalités. La préoccupation du contemporain n’a d’ailleurs cessé de parcourir les réflexions menées depuis la création de l’institution.

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Personne contact

Vincent Guigueno
Fonction :
Directeur adjoint de la recherche et de l'enseignement 

Institution de rattachement : Musée du quai Branly - Jacques Chirac 

Expertise : Histoire des techniques en contexte colonial et postcolonial ; histoire de la mobilité ;  histoire et  musées

Dernières publications :

- GUIGUENO Vincent, « La mobilité des "autres" », Louis Baladassenori, Etienne Faugier, Claire Pelgrims (dir), Histoire des mobilités aux XIXe-XXIe siècles, Paris Armand Colin, 2022.  

GUIGUENO Vincent, « Une note de bas de page dans l'histoire du musée de la Marine », Revue d'Histoire Maritime, 1er trimestre 2022.

GUIGUENO Vincent, « Louis Gaussin (1821-1886) : hydrographe, linguiste, donateur »Annales Hydrographiques, hors-série, 2022.

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